
Déjà d’actualité au Japon et en zone euro, la récession qui devrait toucher les Etats-Unis dès la fin de l’année se traduit par une réduction significative de l’ensemble de l’activité économique. Marquant la fin d’un cycle, elle se caractérise par des baisses de la production industrielle, de la consommation et de l’emploi suffisamment fortes pour réduire la production de biens et de services mesurée par le PIB. Lorsqu’elle est très marquée, on parle de dépression. S’ajoute une contrainte de temps : une récession se définit comme le recul du PIB sur au moins deux trimestres.
Les dernières statistiques concernant l’industrie, le chômage ou les ventes au détail témoignent effectivement d’une tendance récessive dans les principaux pays occidentaux. Parallèlement, certains prix reculent comme ceux des actions, de l’immobilier et plus récemment des matières premières. Depuis juillet, le pétrole a perdu près des deux tiers de sa valeur.
Ce phénomène fait craindre le retour de la déflation, c’est-à-dire une baisse généralisée et persistante des prix. Habituellement provoquée par l’apurement de dettes excessives, la déflation aggrave la récession en dissuadant les entreprises d’investir et les ménages de consommer. Après l’éclatement d’une bulle immobilière et boursière au début des années 90, le Japon a traversé une longue période déflationniste.
Pour l’heure, on ne peut encore parler de déflation, mais plutôt de « désinflation » : sur un an, l’inflation reste comprise entre 3 et 4 % des deux côtés de l’Atlantique. Mais elle recule très rapidement depuis ses sommets de l’été, avec les baisses du pétrole et des matières premières agricoles. Sous l’effet de la crise, cette désinflation risquerait de se muer en déflation. Afin de conjurer ce scénario, la mobilisation conjointe des Etats et des banques centrales est plus indispensable que jamais.








