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La titrisation - amie ou ennemie ?

Par Alexander Summerfield | Rédacteur/ Chef de rubrique | 02/03/09

Parmi les boucs-émissaires de la crise se trouvent la titrisation. Mais s'agit-il d'une accusation justifiée ?

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La titrisation est-elle nécessaire aux banques ? Ces questions furent abordées à un colloque sur la banque universelle.

Mercredi 25 mars 2009, historiens, économistes, sociologues et chercheurs se sont réunis à l’Université Paris Ouest Nanterre pour la 7ème Journée d’études de l’école doctorale économie, organisations, société consacrée à l’histoire, l’économie et à la sociologie des banques et des systèmes bancaires. Le thème de la journée fut le passé et l’avenir de la banque universelle, avec une session dédiée aux retours d’expérience, dont un débat sur la place de la titrisation dans la crise.

La titrisation est une innovation des années 70. Auparavant, les prêts restaient au bilan des banques jusqu’à leur échéance, et furent utilisés pour financer des fonds propres, des émissions obligataires, des dépôts. Avec la titrisation, les banques pouvaient isoler des portefeuilles de prêts et transférer les flux de revenus et les risques à des investisseurs en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers (d’où le nom titrisation.) Ainsi, elles engrangeaient le profit actualisé, diminué de la prise de risque.

En somme, la titrisation était une technique assez banale mais utile pour le développement économique.

Le risque
Cependant, le contexte de la pré-crise a eu les impacts suivants sur l’évolution de la titrisation : Amplification ; complexité ; opacité et mauvaise évaluation des risques.
Le rôle de la titrisation dans la crise est surtout lié à ce dernier point. Comme dans l’assurance, une sous-estimation du risque peut créer une situation financière délicate, dans laquelle les investisseurs voient fondre la valeur des titres de créance acquis. Et dans la crise actuelle, les risques ont étés sous-estimés. Les prêts immobiliers étant garantis par une hypothèque, et la valeur des logements étant sensée ne jamais pouvoir baisser, on a cru, à tort, le risque quasi nul. Les incitations à évaluer le risque convenablement ont également fait défaut, avec souvent un relâchement de la part des gestionnaires de risque.
La titrisation n’est pas la cause première de la crise, mais elle en constitue néanmoins un instrument.

Quel avenir ?
La relance du financement aux ménages et aux entreprises suppose la réouverture des circuits de financement spécialisés ainsi que la reprise de la titrisation dans des conditions de sécurité accrues en termes de régulation et de surveillance. La Financial Services Authority (FSA), régulateur britannique des marchés financiers, a déjà publié des réflexions à ce sujet ( voir le lien à droite).

 

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