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Reprise chahutée

Par Olivier Garnier | Chef économiste | 07/01/11

La reprise économique mondiale, amorcée courant 2009 et confirmée en 2010 se prolongera sur 2011.

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La reprise économique mondiale, amorcée courant 2009 et confirmée en 2010 se prolongera sur 2011. Cette reprise restera toutefois faible, et elle s’affaiblira même encore un peu plus sous le poids des plans d’ajustement budgétaire. Elle restera également très hétérogène, entre pays émergents et pays développés, mais également parmi les pays développés et jusqu’au sein même de la zone euro. Enfin, elle sera caractérisée par la persistance des turbulences sur les marchés des changes et des dettes publiques.

Tensions sur les dettes et les changes

De fait, ces dernières semaines ont été caractérisées par un regain de volatilité sur les taux de change et surtout sur la dette publique des pays de la zone euro. Tout d’abord, la banque centrale américaine a décidé d’amplifier sa politique monétaire accommodante en procédant à des rachats massifs d’obligations. Cette décision, et même en amont l’anticipation de cette décision, a initialement poussé le dollar à la baisse. Ensuite, de nouvelles craintes se sont fait jour sur la soutenabilité des dettes des pays de la zone euro, ce qui a débouché sur le plan de sauvetage de l’Irlande, après celui de la Grèce. Dans la foulée, l’euro a rechuté et les écarts de taux sur les emprunts d’État se sont fortement creusés entre les pays jugés sûrs, principalement l’Allemagne, et les pays périphériques de la zone euro.
Ces facteurs de tension persisteront dans les mois à venir, provoquant ainsi des mouvements potentiellement erratiques sur les marchés financiers.

Ralentissement économique sous le poids de l’ajustement budgétaire

Ces tensions persistantes sur les dettes des pays de la zone euro auront deux principales conséquences. D’une part, la BCE ne procédera pas à un durcissement de sa politique monétaire d’ici la fin 2011. D’autre part, pour restaurer leur crédibilité sur les marchés, les pays de la zone euro, de même que le Royaume-Uni, vont mettre en oeuvre des politiques d’austérité budgétaire, avec toutefois des degrés de sévérité variables.
Combinée à la fin des plans de relance dans les autres pays, développés comme émergents, cette orientation de la politique budgétaire va peser sur l’économie mondiale en 2011, qui ralentira.

Des trajectoires de croissance hétérogènes

Ce ralentissement sera toutefois tout relatif pour les principaux pays émergents, notamment la Chine, l’Inde et le Brésil. L’activité y sera en effet moins soutenue en 2011 qu’en 2010 mais elle restera dynamique, entraînée par l’investissement mais également par la consommation.

En revanche, la croissance restera molle dans les pays développés. Leurs politiques budgétaires restrictives pèseront en effet en premier lieu sur leur demande intérieure, que ce soit via la baisse de la demande publique ou via la baisse de la demande privée suite à des hausses d’impôts. De plus, le cycle de reprise par les stocks semble déjà faiblir alors que la reprise de l’investissement reste modeste, du fait de perspective de demande incertaine et de capacités de production toujours sous- utilisées. En outre, le niveau partout élevé du chômage, à l’exception notable de l’Allemagne, pèse nettement sur la consommation des ménages. Enfin, le ralentissement du commerce mondial entraînera les exportations dans son sillage. Les économies développées restant durablement sous leur potentiel d’activité, l’inflation restera partout contenue, au-delà de l’effet mécanique des hausses de TVA mises en oeuvre dans certains pays, comme le Royaume-Uni et l’Espagne.

Les disparités entre pays développés, importantes en 2010, persisteront en grande partie en 2011. Ainsi, l’économie américaine progressera de 2½ %, soit un ralentissement limité par rapport à l’année précédente, alors que la zone euro connaitra une croissance limitée à 1½ % et le Royaume- Uni à peine plus.

Au sein de la zone euro, les différences seront encore plus sensibles. D’un côté, l’Allemagne poursuivra son rebond soutenu par les exportations et l’investissement, ainsi que par la reprise longtemps attendue de la consommation. De l’autre, l’Espagne peinera encore à sortir de la récession et la Grèce et l’Irlande seront encore en crise, sous le poids de l’ajustement budgétaire requis et de la hausse des taux d’intérêt auxquels ces économies font face.

Le Japon restera à part, toujours englué dans la déflation mais avec une croissance honorable en 2011. Celle-ci sera tirée par l’accélération de l’investissement, suite au rebond de la demande étrangère, qui compensera en partie le ralentissement de la consommation dû à un moindre soutien public.

L’immobilier et les finances publiques font peser des risques sur la reprise

Dans plusieurs pays, la situation de l’immobilier reste un facteur de risque important. En effet, si ce secteur a connu une correction importante notamment aux États-Unis, en Espagne, au Royaume- Uni ou en Irlande, celle-ci n’est peut être pas achevée. Cela déprimerait alors l’activité dans le bâtiment et viendrait dégrader le bilan des établissements financiers.

Surtout, les risques associés à la mise en œuvre des plans d’austérité sont élevés. Ainsi, des politiques budgétaires trop sévères risquent de casser une reprise d’ores et déjà fragile. À l’opposé, des mesures qui ne garantiraient pas le retour des finances publiques sur une trajectoire jugée soutenable exposeraient à la sanction des marchés financiers, comme cela a déjà été le cas pour l’Irlande et la Grèce.

Ce texte est extrait de l'étude "Scénario Économique". Pour lire l'intégralité du rapport, cliquez ICI.

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Notes des lecteursNoter cet article
vos commentaires » poster un commentaire »
relevés de compte par michel | Le 09/02/2011
A quand l'impression recto verso des relevés de compte
Réponse à Michel par Etienne Glémas (Community manager) | Le 09/02/2011
Bonjour Michel, les équipes de la banque de détail travaillent sur ces enjeux d'impression des relevés de compte en recto verso. Pour des raisons techniques notamment liées au papier que nous utilisons pour l'instant, nous ne pouvons pas encore le faire. Sachez toutefois que vous pouvez demander à recevoir vos relevés de compte par voie électronique, via le webmail associé à votre compte.