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Royaume-Uni : les péripéties de la crise, puis opportunités

Par Eric Dickinson | Responsable commercial pour les sociétés de gestion | 06/07/09

Analyse d’Eric Dickinson, responsable commercial pour les sociétés de gestion, Société Générale Securities Services, au Royaume-Uni.

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Mai 2009 : Comme partout ailleurs, le Royaume-Uni est indéniablement touché par la crise. Les suppressions d’emploi se multiplient, le gouvernement britannique a renfloué plusieurs banques, dont la plus célèbre est Royal Bank of Scotland, qui en tout état de cause est maintenant nationalisée. Les recettes publiques diminuent et les dépenses ont augmenté (dans son pré-budget, le ministère des Finances devrait déclarer s’attendre à un déficit maximal compris entre 170 et 180 milliards de livres sterling et à un niveau d'endettement équivalent à 12 % du revenu national, soit le niveau le plus élevé depuis la Seconde guerre mondiale). L'enveloppe destinée au programme de recapitalisation des banques devrait quant à elle être légèrement inférieure à 60 milliards de livres.

Cela dit, des signes de stabilisation commencent à apparaître : les ventes de logements reprennent et les cours boursiers semblent vouloir se redresser (l’indice FTSE 100 est désormais repassé légèrement au-dessus des 4 000 points). Il est toutefois bien trop tôt pour décréter que le plancher a finalement été touché et l’incertitude va rester de mise dans un avenir prévisible. Nul ne sait. Selon Martin Gilbert, le directeur général d’Aberdeen, il est trop tôt pour parler de « pousses vertes », synonymes de reprise. Néanmoins, nous semblons approcher du creux de la vague.

Quant aux gestionnaires d’actifs, leurs revenus ont fortement diminué, la séparation des activités de banque et de gestion d’actifs est à l’étude et la plupart des acteurs du secteur sont en quête d’acquéreurs. Parmi les opérations récentes, je citerais le rachat entièrement en titres de CSAM par Aberdeen et le rachat de New Star Asset Management par Henderson. Il convient également de mentionner la cession de SGAM UK à GLG Partners.

Les gestionnaires d’actifs peinent à être rentables (les investisseurs voient de moins en moins d’attrait à continuer d’investir dans tous types de fonds), et c’est notamment le cas des fonds gérés activement. Outre le niveau important des remboursements, les prix des actifs ont par ailleurs sérieusement chuté. De plus, étant donné qu’une forte proportion du PNB repose sur les valeurs d’actifs, l’ensemble des intervenants affichent une baisse considérable de leurs revenus. Les réclamations déposées à l’encontre des branches conservation d’UBS et HSBC ont remis en question le rôle et les responsabilités associés à la fonction de dépositaire dans différents territoires, ce qui s’avère extrêmement néfaste pour le secteur dans son ensemble.

Les dépositaires bénéficient toutefois de nouvelles opportunités alors que les hedge funds perdent le soutien de leurs prime brokers. Les gérants de hedge funds lancent actuellement de nouveaux fonds au titre de la directive UCITS afin d’offrir un degré plus élevé de réglementation, et ceux qui n’ont pas encore externalisé leurs fonctions d’administration et de back office devront désormais s’y résoudre (j’entends par là ceux qui réussiront à survivre).

Il faudra attendre pour en tirer les conséquences en ce qui concerne notre métier, mais il est certain que de nombreux actifs sont sous-valorisés à l'heure actuelle.

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