
Quelles sont vos implantations en banque de détail en Afrique subsaharienne ?
Notre présence sur le continent africain est historique. Nous sommes implantés dans 11 pays d’Afrique subsaharienne*, essentiellement francophones, exception faite du Ghana. Dans la plupart des pays, nous avons une part de marché significative, voire prépondérante.
Sur quels types de clientèles et de produits êtes-vous positionnés ?
En termes d’activité, notre offre est diversifiée, à la fois sur une clientèle d’entreprises et de particuliers, et une offre produits relativement large, qui va des crédits aux cartes bancaires et ceci en utilisant les différents canaux que sont les agences bancaires, mais aussi la banque à distance.
En ce qui concerne la clientèle d’entreprises, nous coopérons avec la plupart des grandes entreprises installées dans ces pays, mais nous sommes aussi très impliqués sur les PME. Nous avons signé la convention ARIZ en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD), qui nous permet de bénéficier d’une garantie de l’AFD à hauteur de 50 %.
En outre, nous sommes en train de développer avec l’AFD et Proparco ce que nous appelons des green financements dans le cadre de notre politique de développement durable, c’est-à-dire des financements verts à des taux bonifiés. C’est une politique que nous tentons de mettre en œuvre dans le cadre de notre plan de développement interne. Nous venons par ailleurs de construire notre première centrale solaire au Burkina Faso. Elle va fournir environ 50 % des besoins en électricité de notre siège social. Nous travaillons également sur des concepts d’agences écologiques et économiques.
Qu’en est-il de votre stratégie d’expansion ?
Elle s’inscrit bien sûr dans le cadre d’Ambition SG 2015. Notre stratégie se traduit par la croissance de notre réseau d’agences et par des offres innovantes sur les produits proposés à notre clientèle. Nous souhaitons consolider nos parts de marché, améliorer la qualité de service à notre clientèle, et développer nos outils de banque à distance.
Nous développons dans ce cadre les services bancaires sur téléphone mobile (mobile banking). Nous venons de lancer, le 29 juin 2010, Yoban’tel au Sénégal, un service innovant de transfert d’argent et de paiement de facture par téléphone mobile. Ce lancement n’est qu’une première étape vers un déploiement généralisé sur l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne.
Dans cette zone, les populations ne sont bancarisées qu’à hauteur de 6 à 7 %. Face à ce marché restreint, la mise en place du mobile banking dans l’axe Clients de notre programme de transformation représente un enjeu de taille.
Quels sont vos objectifs en matière d’ouvertures d’agences ?
Sur la Côte d’Ivoire et le Sénégal, nous sommes sur un rythme d’ouverture de 10 à 15 agences par an. Dans les autres pays, notre développement se cale sur un rythme moins soutenu, deux à trois nouvelles agences par an.
Quels sont vos projets d’avenir pour l’Afrique subsaharienne ?
Notre ambition consiste à consolider nos parts de marché et à être attentifs à des opportunités de croissance. Nous sommes un acteur historique sur ce continent et notre volonté est de maintenir cette position de leadership.
Nous avons engagé une mutualisation de nos activités de back office, afin de permettre une réduction de nos coûts mais également une meilleure réactivité en termes d’offre de produits innovants à même de capter une nouvelle clientèle.
Comment expliquez-vous dans ce cas que l’expansion de vos concurrents semble s’être largement ralentie depuis deux ans ?
Certainement grâce au fait que les grandes entreprises locales sont fidèles à leurs banques historiques. Notre antériorité sur la zone constitue indéniablement un atout.
Percevez-vous la concurrence bancaire comme un danger ?
La concurrence, lorsqu’elle est loyale, est toujours salutaire à une remise en cause.
Nous avons engagé des actions fortes de développement afin d’être beaucoup plus présents auprès de notre clientèle historique. Notre force d’innovation contribuera au maintien, voire au renforcement de nos parts de marché.
Les dernières statistiques reprises dans African Banker montrent que le groupe Société Générale est leader en Afrique subsaharienne, et cela malgré l’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché.
Notre développement face à cette concurrence agressive sera poursuivie dans les règles de prudence et de professionnalisme qui ont toujours prévalu chez Société Générale.
Qu’est-ce qui fait selon vous l’attrait du continent africain ?
L’Afrique subsaharienne reste un territoire où la croissance demeure positive. Nos prévisions pour 2010 sont de l’ordre de 4 à 5 % de progression du PIB. Ces chiffres montrent que malgré la crise économique, la région s’est montrée stable en termes de résultats.
Nous sommes attentifs au développement sur l’ensemble du continent africain, même si pour le moment les grands investissements en infrastructures se font attendre, notamment en Afrique subsaharienne (Cameroun, Côte d’Ivoire). Certains projets vont sans doute s’accélérer à la faveur des nombreuses élections qui sont attendues dans ces pays entre 2010 et 2011.
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* Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée Equatoriale, Madagascar, Mauritanie, Sénégal, Tchad.









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